Sauvons Bellefontaine !

By | 15.08.2018

Chers amis !

Afin de pouvoir sauver le château ​de ​Bellefo​ntaine de Samois-sur-Seine, une pétition a été créée que vous pouvez signer ​ ici.

​Pour plus l’information à propos de l’histoire de ce château, voici un petit texte.

À partir du XIXe siècle, le château de Bellefontaine, dont le domaine se situe entre les communes de Samois-sur-Seine et Avon, fut la propriété d’aristocrates et diplomates russes. Jusqu’aux années 1780, le domaine du château appartenait au prieuré de Saint-Nicolas des Basses-Loges d’Avon, et était surnommé, pour une raison inconnue, «Le Chaudron» ou «La Chaudière». Au début du XIXe siècle, il devient propriété du prince de Tarente, duc de la Trémoille. L’édifice actuel, construit autour de 1900 par l’architecte Henri Grandpierre, spécialisé dans la construction d’hôtels particuliers parisiens, se compose d’un corps central, d’une tour carrée et de jardins d’hiver. Des colonnades ouvrent sur un parc privé, attenant à la forêt de Fontainebleau

Au milieu du XIXe siècle, le château entre en possession du prince Nicolaï Troubetzkoy (1807-1874). Il reçoit des romanciers russes tels qu’Ivan Tourguéniev qui réside fréquemment au Château de Bellefontaine pour écrire. Le 4 août 1859, il note par exemple :

« Je séjourne maintenant chez la princesse Troubetzkoy, femme très bonne et très gentille bien qu’un peu excentrique. J’ai une chambre à part dans une aile séparée, et je travaille beaucoup sur mon nouveau roman ».

Apprécié par la population de la région, le prince Troubetzkoy participe à la construction d’un presbytère entre 1865 et 1867 et soutient activement la population lors de l’occupation prussienne de 1870-1871. Durant cette période, il joue un rôle de médiateur auprès des Prussiens, auxquels il se présente en costume national russe, et parvient à éviter des réquisitions et des exécutions d’otages. Après ces événements, les habitants de Samois-sur-Seine reconnaissants firent réaliser en son honneur une statuette du Sacré-CSur de Jésus, conservée dans l’église du village. L’empreinte de Troubetzkoy se retrouve aussi dans la forêt de Fontainebleau où il fit construire un abri dédié à sa femme, Anna.

Après sa mort, le château sert de résidence à son gendre, le prince Nikolaï Orlov (1827-1885). Celui-ci accomplit sa carrière militaire comme officier de l’armée russe et devient aide de camp de l’Empereur NicolasIer; il est grièvement blessé en 1854 lors du siège de Silistrie au cours de la guerre de Crimée. Il embrasse ensuite une carrière diplomatique. Ambassadeur de Russie à Bruxelles, Paris puis Berlin, il épouse Catherine, fille de Nikolaï Troubetzkoy, et devient propriétaire du château de Bellefontaine. Son père est le prince Alexeï Fiodorovitch Orlov (1787-1862), militaire russe qui combattit Napoléon de 1805 à 1815. C’est en l’honneur de sa visite que le cuisinier français Urbain Dubois inventa la fameuse recette du rôti de veau dit Orloff.

Suite à la guerre de 1870, Nikolaï Orlov devient un fervent partisan de la paix et joue un rôle de médiateur entre la France et l’Allemagne pour éviter une reprise des hostilités entre les deux nations. Parallèlement, il contribua à la constitution de l’Alliance franco-russe qui entre en vigueur en 1892 et milite par ailleurs pour l’abolition des punitions corporelles au sein de l’armée russe. Lié au milieu artistique des Russes de Paris, il fut également le président de l’Association d’entraide et de bienfaisance des artistes russes de Paris. À la mort de Nikolaï Orlov, en 1885, un service funèbre fut célébré dans le château, selon le rite orthodoxe, par l’archimandrite Prilejaev, avec les chSurs de l’église, en présence du nouvel ambassadeur russe, le baron Arthur von Mohrenheim. Rendant les honneurs militaires, des troupes françaises (deux compagnies d’infanterie, deux escadrons du 15e régiment de chasseurs avec étendard et fanfare et deux batteries d’artillerie) participent au cortège du château de Bellefontaine au cimetière de Samois.

Le château est alors légué au fils d’Orlov, Wladimir, conseiller personnel de l’empereur Nicolas II, qui se réfugie en France après la Révolution russe et en reste propriétaire jusqu’à sa mort en 1927. Sous l’Occupation, en vertu de la législation antisémite, le château de Bellefontaine est confisqué par un administrateur allemand à la famille Israël qui en était devenue propriétaire, et le revend en 1942 à la Ville de Paris. À partir de cette date, le château devient un centre de vacances pour les enfants des employés de la Ville de Paris. Dans les années 2000, après plusieurs années de quasi abandon, le château de Bellefontaine fait partie d’un projet d’aménagement en vue de le transformer en centre d’accueil pour personnes fragilisées mais les travaux s’avèrent très importants et la Ville de Paris décide de revendre le château et son domaine.