Église russe à Champagne sur Seine

Présentation

L’Église Russe de Champagne-sur-Seine est un patrimoine insolite qui marque le passé industriel de la commune. L’usine Schneider (qui deviendra Jeumont & Schneider), installée dès 1900, fut un vecteur essentiel de l’essor industriel et démographique de la ville. Elle draina, entre autres, quelques centaines de russes fuyant la révolution bolchévique qui sévissait alors dans les années 1920.  Cette communauté, constituée en association vers les années 30, décida de bâtir son lieu de culte.
Le projet établi par M. Popandopoulo, qui avait déjà à son actif la construction d’autres églises orthodoxes en France, fut approuvé. Commencés le 14 mai 1938, les travaux furent achevés rapidement et l’église fut consacrée le 24 septembre 1939 et dédiée à «Notre-Dame de Toutes les Protections».
Chaque famille versa, à la mesure des ses moyens, une somme pour l’achat des matériaux et du terrain, et les hommes édifièrent de leurs propres mains la petite église. Le bâtiment est de taille modeste, les matériaux sont de qualité courante.
Ce témoignage de foi populaire est un patrimoine rare et précieux dont la mémoire est importante. Il témoigne également de l’épisode  l’industrialisation de la ville.
Même si, aujourd’hui, il n’existe presque plus de descendants champenois de cette ancienne colonie, cette église, perchée sur une butte face à l’usine en contrebas rappelle un épisode important de l’histoire de la ville.

Localisation

L’Église se trouve dans la commune de Champagne-sur-Seine située dans le sud du département de la Seine-et-Marne en région Ile-de-France. Construite sur une butte, à l’extrémité de la rue grande qui traverse la commune. Elle surplombe la vallée de la Seine et l’usine. L’adresse exacte est : 169 rue grande à Champagne-sur-Seine.

Propriétaire

Propriété de la « Colonie Russe » association loi 1901 durant 48 ans, l’Église Russe fut léguée par acte de donation par Mr Vladimir Alboull (alors président de la colonie) à la commune de Champagne-sur-Seine le 24 Juin 1982 pour en faire un musée. L’Église Russe a  connue alors une période d’abandon. En 2001, une nouvelle équipe municipale a entrepris de la mettre en valeur : protection contre le vandalisme, travaux d’entretien réalisés par les services techniques de la ville et ouverture lors des journées du patrimoine. Quelques bénévoles, par ailleurs, se sont ajoutés à cette dynamique.

Classement

L’édifice n’a pas fait l’objet de démarche de classement. Malgré sa valeur historique, la modestie du bâtiment et ses matériaux bruts n’ont pas réellement d’intérêt historique légitimant une protection particulière. Les contraintes liées au classement et les frais engendrant cette démarche ont déterminé le choix de ne pas classer l’édifice.

Extérieur

L’édifice est composé essentiellement de matériaux simple comme le ciment, les parpaings et le bois. La toiture anciennement réalisée de tôle fut ensuite recouverte par des tuiles. Le bulbe, qui surmonte l’église est en tôle peinte.
Les murs sont soutenus en parpaing, recouvert d’enduits de ciment et peints. La charpente est en en bois. Le manque d’entretien, d’isolation entraîne l’existence d’humidité qui s’infiltre dans le bâtiment.
Les marches et la petite allée menant à l’église sont dégradées. Le jardin extérieur témoigne d’un entretien médiocre, les plantes sont vieilles et abîmées.

Intérieur

L’intérieur de l’édifice est dépouillé. L’iconostase a été démontée. Réalisées par une religieuse orthodoxe, ses icônes sont accrochées  aux murs. Elles sont dégradées (vandalisme et humidité) et demandent une restauration spécifique. C’est Mme Henocque, restauratrice d’œuvre d’art, qui a débuté ce travail.
D’autres icônes, offertes par les fidèles sont suspendus à des cimaises sur les murs de l’église. Divers tableaux sont également exposés. Il faut noter en particulier, une aquarelle de l’architecte présentant son projet et quelques œuvres vraisemblablement réalisées par les fidèles, véritables témoignage de foi populaire. Une expertise est en cours pour toutes les icônes et tableaux. Certains demandent également d’être restaurées. L’iconostase sera restaurée lorsque toutes ses icônes seront réparées. Il sera installé entre le sanctuaire et la nef comme à l’origine.
Le musée ne dispose pas de scénographie ni de mise en valeur des œuvres qu’il contient.

Source – la brochure éditée par la municipalité de Champagne sur Seine (en format PDF –présentation Eglise Russe).

Cette page/information en langue russe.